martes, 11 de noviembre de 2008

ALEJANDRA PIZARNIK (III)


PIDO EL SILENCIO
...canta, lastimada mía
CERVANTES


aunque es tarde, es noche,
y tú no puedes.

Canta como si no pasara nada.

Nada pasa.


(De Los trabajos y las noches, 1965)




* * *


(Pour les francophones, je vous laisse ma version du poème)


JE DEMANDE LE SILENCE

bien qu´il soit tard, qu´il soit nuit,
et que tu ne puisse pas.

Chante comme si rien ne se passait.

Rien ne se passe.



De Les travaux et les nuits




2 comentarios:

Carz dijo...

Aprovechando tus conocimientos de francés ¿no podríamos traducir al castellano L'avalée des avalés de Réjean Ducharme? sólo son 379 páginas de nada...

Para tentarte te dejo el principio de la novela...

Tout m'avale. Quand j'ai les yeux fermés, c'est par mon ventre que je suis avalée, c'est dans mon ventre que j'étouffe. Quand j'ai les yeux ouverts, c'est par ce que je vois que je suis avalée, c'est dans le ventre de ce que je vois que je suffoque. Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S'il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. On regarde un visage, un papillon, une fleur, et ça nous travaille, puis ça nous irrite. Si on se laisse faire, ça nous désespère. Il ne devrait pas y avoir de visages, de papillons, de fleurs.

Otro abrazo.

Cocò Masel dijo...

carz, no me atrevo, tendrías que tirar de mí, supervisar muy a menudo mi voluntad, repetirme hasta la saciedad "vamos, trabaja". luego sucede que hasta ahora no había leído nada de monsieur Ducharme y te agradezco tanto la revelación de esta prosa batiente que nos traga.

un abrazo